Il y a un peu moins d’un an, j’avais dévoré le podcast Serial sur les conseils avisés d’une amie. Sur dix épisodes, Sarah Koening nous faisait (re)vivre la disparition et le meurtre de Hae Minn Lee pour lequel Adnan Syed a été emprisonné malgré certaines ombres et incohérences. Depuis, je n’avais pas ressenti la même tension dans une œuvre. Jusqu’à ce que s’affiche sur Netflix une suggestion pour Making a Murderer. Il n’a fallu que ça et quelques tweets pour que je me décide à me lancer dans le visionnage des dix épisodes d’une heure environ.

Making a Murderer est donc une série documentaire autour de Steven Avery.

Steven Avery vit dans le comté de Manitowoc dans le Wisconsin. Pas très malin, il se retrouve accusé du viol d’une jeune femme. Jugé, il est emprisonné. Sauf que, 18 ans plus tard, la technologie ayant évoluée et le Projet innocence s’étant saisi de l’affaire, il est acquitté sur la base de nouveaux test ADN. Alors que les erreurs (et le mot est faible) de la police sont évidentes, aucun grief n’est retenu contre celle-ci. Steven Avery décide donc de demander réparation et saisit la justice d’une demande de dommages-intérêts à hauteur de 36 millions de dollar (ouais quand même). Les auditions commencent alors que Teresa Halbach disparaît. Et Steven Avery se retrouve accusé de meurtre.

Pendant 10 épisodes passionnants et terriblement prenants, on suit les déboires judiciaires de Steven Avery. Chaque épisode est plus prenant que le précédent, les faits ahurissants et la machine judiciaire effrayante. Le doute s’insinue en nous et chaque cliffangher nous laisse plus avide de connaître la suite.

On plonge dans le coeur de l’Amérique profonde, où tout le monde est plus ou moins cousin. Où les ragots courent plus vite que les lapins qui peuplent les casses familiales. Et face à ça, la justice est implacable.

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Les choix de réalisations permettent à chacun de s’imprégner du climat régnant dans cette petite ville, des réactions de chacun, et de vivre le procès intensément. On peut peut-être regretter la partialité des réalisateurs qui ne donnent pas la parole à l’accusation (le procureur dit ne pas avoir été sollicité alors que les producteurs affirment le contraire), l’absence de mise en cause des médias et surtout la transparence de point de vue de la victime. C’est d’ailleurs une de mes frustrations les plus importantes. On se place du coté de l’accusé, oubliant qu’il y a eu une victime, qu’elle ait été tuée ou non par Steven Avery. Le seul but est de montrer que la présomption d’innocence est quelque chose de tellement fragile.

Mais si on occulte ces quelques petits défauts (et peut être quelques micros longueurs au cours des épisodes 6/7), Making a Murderer est à voir absolument, qu’on soit passionné d’affaires judiciaires ou non.

Je vous conseille de le regarder avec ou en même temps qu’un groupe de copains parce que chaque épisode vous donnera envie d’échanger sur le sujet et peut-être même que vous aurez besoin d’une cellule de soutien psychologique.

Et quand vous aurez dévoré les 10 épisodes, vous pourrez vous lancer dans des recherches complémentaires, notamment via le subreddit créé pour l’occasion.

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