Mais c’est quoi ce titre qui ne veut rien dire ? Rassurez-vous, aucune substance illicite n’est venue brouiller mon esprit. Difficile de traduire autrement l’impression générale qu’il me reste après l’avant-première d’ « Un monstre à Paris ». Ce film d’animation français d’Eric Bergeron, dit « Bibo » a parfaitement réussi à me plonger dans une époque que l’on ne connaît que par des clichés marron. Et pourtant, j’ai vu une explosion poétique de couleurs. Un air de « Triplettes de Belleville » passées à la gouache. Mais, c’était, comme très souvent maintenant, une projection en 3D qui n’a, à mon sens, que peu d’intérêt malgré les décors superbes aux perspectives très travaillées. Cependant, je suis passée facilement au-dessus, heureusement.

Un monstre à Paris

Alors, l’histoire : pas de spoiler : ce que vous avez besoin de savoir est dans le titre : Paris, 1910, pendant les grandes inondations de janvier, un monstre terrorise la ville…

Moi, je sais ce que vous ferez le 12 octobre. Vous irez au cinéma le voir pour être sûr de passer une belle journée. L’animation française se porte à merveille depuis plusieurs années et apporte vraiment de l’originalité dans la narration et la mise en images. Et ce dernier-né ne le dément pas : décors soignés et détaillés, animation fluide, légèreté et poésie des mouvements. Si vous ajoutez à cela une histoire inédite convaincante, vous commencez à atteindre une qualité prometteuse. La finesse de la narration vient aussi des échos que l’on a de « King Kong » et du « Fantôme de l’Opéra ». Et je précise bien ce ne sont que des rappels subtils : pas de plagiat, ni de déjà-vu…Juste le plaisir de faire les liens avec ces références. D’ailleurs, des clins d’œil à notre culture française nous guettent souvent et c’est un bonheur de se laisser surprendre. Petit coup de cœur pour l’apparition à l’écran d’un Louis Chédid voleur, tourné en ridicule. En résumé, du rythme, du suspens, de la poésie, l’histoire nous happe et ne nous lâche plus jusqu’à la fin.

D’un bond de puce, je passe au casting « voix » qui est une réussite : -M- pour « Francoeur », Vanessa Paradis pour « Lucille, l’ange de Montmartre », François Cluzet en « Préfet de Paris » et Gad Elmaleh pour « Raoul », entre autres. On le sait tous, ils se connaissent et s’apprécient. Pour beaucoup, ils ont déjà travaillé sur d’autres projets communs, incluant souvent de la musique, et ça fonctionne à chaque fois. Et bien tant mieux pour le plus grand plaisir de nos oreilles. La BO est signée Mathieu Chédid, lancée principalement par la chanson « La Seine ». Petit bijoux de douceur, il faut aussi découvrir le reste des titres qui s’accordent parfaitement aux images. Beaucoup de swing, de violons et des connotations « jazz manouche ». L’album de la B.O est disponible le 3 octobre, en numérique le 26 septembre. Un petit bémol, je m’attendais à plus de morceaux à l’écran. Voilà quand j’aime, j’en veux toujours plus.

« La seine » en boucle dans mes oreilles pendant que je rédige cet article, je me vois déjà dans les brumes de l’automne aller me blottir dans le moelleux d’un siège pour revivre ce petit moment serein dans le Paris de mon cœur, un hiver de 1910. Un chocolat chaud fumant juste après la séance 😀

 

Un monstre à Paris, de Bibo (Eric Bergeron), avec M, Vanessa Paradis, Gad Elmaleh… Sortie en DVD/Blu-ray le 15 février 2012
Et pour en savoir plus : http://unmonstreaparis.com/

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