The Imitation Game Benedict Cumberbatch

L’Histoire: 1940 : Alan Turing (Benedict Cumberbatch), mathématicien, cryptologue, est chargé par le gouvernement Britannique de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable.

 The Imitation Game Benedict Cumberbatch

J’étais un peu méfiante lorsque The Imitation Game a acquis, puis étoffé son aura de film à Oscars. Pour tout vous dire, j’étais sûre de m’ennuyer. Mais j’ai été vraiment bouleversée par ce film et par la découverte du destin de Turing, interprété avec justesse et intensité par Benedict Cumberbatch. La mise en scène de Morten Tyldum est certes un peu scolaire, mais elle ne dessert pas cette histoire inspirée de faits réels (adaptée de la biographie d’Alan Turing par Andrew Hodges, Alan Turing: the enigma). J’ai découvert un homme passionnant, un héros, qui grâce à ce film sera enfin reconnu en tant que tel.

Le film offre un point vue méconnu sur la Seconde Guerre mondiale (plus secrète, plus stratégique) et porte à l’attention du grand public le destin d’un des pères de l’informatique moderne. Il est intéressant de découvrir le mathématicien, sa personnalité si particulière, proche de l’autisme par moments. Découvrir les problèmes que les machines Enigma posaient aux alliés et voir les décisions difficiles qu’ont dû prendre des esprits brillants est très intéressant. Benedict Cumberbatch nous livre vraiment une prestation prenante. On est touchés, séduits, intrigués par Turing. Et on ne peut s’ empêcher d’être émus par l’injustice de sa vie sur certains points, notamment sa castration chimique suite à sa condamnation pour « indécence manifeste et perversion sexuelle » (« délit » d’homosexualité). Le film est passionnant, par les enjeux de la découverte de la machine de Turing mais également par les enjeux personnels du groupe qui gravite autour de lui. Il n’y aucune longueur, on passe aisément du côté plus militaire, plus urgent, de cette entreprise, à la vie de Turing avec Hugh Alexander (interprété par Matthew Goode) ou Joan Clark (Keira Knightley). 114 minutes, ça peut paraître long. Mais je ne me suis pas ennuyée une seconde. J’étais happé par l’histoire de ce brillant mathématicien. Bonus à Mark Strong pour son interprétation de Menzies, chef du MI6.

The Imitation Game Mark Strong

En décembre 2012, un groupe de scientifiques britanniques (dont Stephen Hawking) demanda l’annulation de sa condamnation pour « indécence manifeste et perversion sexuelle » à titre posthume. Alan Turing fut graciée par la Reine Elizabeth le 24 décembre 2013.