Les Tudors et Les Borgias ayant eu un beau succès, d’estime et public, la télévision s’inspire une nouvelle fois de nos livres d’Histoire, mais une histoire un peu plus fantaisiste cette fois-ci : la légende arthurienne. Après le cinéma avec Les Chevaliers de la Table Ronde dans les années 50, le plus connu Merlin l’enchanteur de Walt Disney, ou encore, à la télé le Kaamelott d’Alexandre Astier chez nous, le roi Arthur et son Camelot ont de nouveau inspiré les scénaristes. Ici, c’est Chris Chibnall (Life on Mars, Doctor Who, Torchwood, Londres Police judiciaire) et Michael Hirst (Les Tudors, Les Borgias) qui ont fait un Camelot 2011, à leur sauce. L’avantage avec les séries, on l’a vu, surtout avec cette nouvelle vague de « séries qui en fait pourraient très bien être des films, mais qui sont plus intéressantes à développer sur la longueur » (ouf !), c’est que justement, on a le temps. Et la légende traitée ici est assez dense et riche pour qu’on le prenne. D’après Chris Chibnall, « On peut raconter [à la télévision] les choses dans la longueur, développer les personnages, les voir évoluer. C’est pourquoi je peux aujourd’hui affirmer que nous avons raconté Camelot, la légende du roi Arthur telle qu’elle n’avait jusqu’à présent jamais été racontée à l’écran. » Ma connaissance cinématographique de la légende se limitant à Merlin l’enchanteur, on va le croire sur parole et s’intéresser à la série…

Camelot

Épisode 1 : Traumatisée d’avoir été répudiée par son père, le roi Uther, au terme de quinze ans de couvent, Morgane l’empoisonne en recourant à la magie noire. Tandis qu’elle pousse sa belle-mère à l’exil, et conclut un pacte avec le roi Lot, elle découvre l’existence d’un frère, Arthur, qui grandit dans le plus grand secret au sein d’une famille de fermiers. Conduit sur le trône de Bretagne par Merlin, l’enchanteur à l’origine de sa condition, Arthur hésite, puis accepte le destin de roi. Adoubé par les siens au cœur de la citadelle de Camelot, il voit déjà se dresser devant lui sa sœur, Lot et leurs alliés…

L’intensité dramatique s’impose dès les premières minutes de cet épisode. Le retour de Morgane, pleine de colère et de rancœur, nous fait entrevoir le sort funeste d’Uther, qui disparaît rapidement, malgré l’arrivée fracassante de Merlin, qui ne peut que constater la mort inévitable du roi. On le sait à présent, la lutte pour la Bretagne sera sanglante.

Nous rencontrons ensuite un Arthur coureur de jupons, d’agréable compagnie. Mais il est bien vite tiré de sa campagne par Merlin, et mené à Camelot, où l’on découvre le château en ruines d’un royaume à reconstruire…

Camelot
Merlin… Ni barbe blanche, ni chapeau pointu… Tant mieux!

Ici, l’intérêt principal c’est que nous avons des personnages plus humains, moins entourés de l’aura magique du mythe de Camelot, de Merlin l’enchanteur sympathique et compagnie… Cela se voit particulièrement avec le personnage de Merlin (interprété par Joseph Fiennes, vu entre autres dans Shakespeare in Love et dernièrement dans la série Flashforward), qui avant d’être un sorcier est un homme, un guerrier qui combat sans forcément battre le fer, pour la prospérité et l’équilibre du royaume de Bretagne. Il succombera même au charme d’une femme… Vous imaginez le Merlin de Walt D., ou même celui de Kaamelot comme ça vous ? Moi, c’est la première fois que je vois un Merlin qui n’est pas asexué… Malgré sa sagesse et des pouvoirs qu’il utilise avec parcimonie, il doute et commet des erreurs. Il est plus proche d’un Obiwan Kenobi avec une pointe de Yoda, que d’un magicien écervelé. Et tant mieux.

Le roi Arthur…

Le jeune Jamie Campbell Bower (que l’on a pu voir dans Harry Potter et les reliques de la mort en Grindelwald, ou dans Twilight 2 et 4 en Caius Volturi) a le mérite d’interpréter un Arthur plein d’interrogations et de force à la fois, un jeune homme à qui on impose un destin mais qui semble pourtant prêt à l’affronter.

Eva Green (qui sera de nouveau sorcière dans le Dark Shadows de Tim Burton, avec Johnny Depp) est une Morgane mystérieuse et vénéneuse à souhait. Voici ce qu’elle dit de son personnage : « Morgane n’est pas maléfique de nature. Je l’ai interprétée comme quelqu’un de blessée, convaincue que le trône lui a été refusé uniquement parce qu’elle est une femme. » N’empêche qu’au début, on la trouve surtout méchante ! Mais on devine quand même que sa soif de vengeance sera certainement aussi dangereuse pour elle que pour ses ennemis.

La belle Morgane…

Le premier épisode se termine sur un cliffhanger émotionnel qui nous fait compatir au sort d’Arthur et nous gagne instantanément à sa cause. Malheureusement, nous nous doutons bien que la réussite de son entreprise ne se fera pas sans peine, ni deuils. D’ailleurs, son couronnement dans le deuxième épisode est un moment fort qui nous montre encore une fois le potentiel de ce jeune roi, mais également que les batailles et les pertes feront partie désormais de sa vie. Les scènes de combats sont assez fracassantes pour être prenantes, mais pas inutilement sanglantes au point de fermer mes petits yeux. Et ça, c’est un bon point, car je me ramollis beaucoup avec l’âge… !

Pour l’instant mon seul bémol concerne le personnage de Guenièvre (Tamsin Egerton) que je trouve un peu trop charmeuse, trop « ah bon, je suis séduisante et sexy ? Non, je ne vous crois pas, hu,hu! » et « chaloupante » pour une femme de chevalier (Leontes, garde loyal d’Arthur, qui n’est pas vilain du tout en plus !). Mais bon, ce n’est peut-être qu’une impression, je vais certainement changer d’avis… Naaaaaaan, je ne crois pas !

Je n’ai pas encore visionné entièrement la première saison, de peur de trop vous spoiler, mais ce que j’en ai vu pour le moment ravira à mon avis les fans d’Arthur, de preux chevaliers, de Morgane la venimeuse (et de la belle Eva Green aussi !).

Arthur, Kay (le frère d’Arthur) et Merlin: en route pour Camelot!

Pour vous faire une idée un peu plus précise, Camelot est plus sérieuse et moins fantaisiste que la série Merlin (avec Colin Morgan et Bradley James, que j’aime depuis que je les ai croisés au Comic Con!), mais moins sombre et moins oppressante que Games of Throne (série de Dark Fantasy, dont les premiers épisodes sont excellents, mais je n’ai pas encore eu le temps de voir le reste, argh!).

Chris Chibnall et Michael Hirst nous livre une série solide, avec des personnages humains auxquels nous pouvons nous identifier, juste assez cependant pour continuer à rêver de la légende d’Arthur… Vous l’auriez sortie, vous, Excalibur ?

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Stéphanie

Camelot, diffusion : ce mois-ci, sur Canal+, 2 épisodes tous les lundis soirs à 20h50, dès le lundi 9 janvier

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