Ce sont les premiers mots qui me sont venus en sortant du ciné, après la séance de « Super 8 ». Ca faisait déjà quelque temps que la bande annonce me faisait de l’œil, titillant la Roseline de 8/9 ans en moi. Rien d’étonnant à cela, il s’agit ni plus ni moins pour le réalisateur J.J. Abrams (on ne le présente plus ; a travaillé sur Alias, Lost, Fringe… a réalisé l’excellent Star Trek en 2008), de reprendre les bases et les codes du cinéma des années 70 et 80 de Spielberg. Ce cinéma d’avant qui se faisait avec les moyens du bord mais qui avait l’ambition de nous emmener loin et ainsi de faire avancer la technique, sans pour autant délaisser la qualité et l’intérêt du scénario et de l’émotion. Ce cinéma qu’on regardait avec une délectation suprême en famille. Ce cinéma qui ne prenait pas les enfants pour des nunuches et offrait de vraies histoires à rêver.

Le maître Spielberg et “l’élève” Abrams 🙂
Un Rubix’cube version “venu d’ailleurs”;)

Le début est simple : une ville américaine typique de la fin des années 70, au début de l’été. Un groupe de jeunes ados, passionnés de cinéma, brave les interdits de la nuit, pour tourner leur court-métrage avec une caméra Super 8 dans une gare désaffectée. Seuls témoins du déraillement spectaculaire (trop peut-être 😉 ) d’un train, ils découvrent une cargaison intrigante ; d’étranges « rubix cubes » blancs. Seuls ? En fait non, leur prof de bio, à l’origine de l’accident, leur ordonne de se taire et de filer. Dans le cas contraire, « ils » les retrouveront et les élimineront. A partir de cette nuit, de mystérieuses disparitions d’objets, d’animaux et d’humains vont semer la panique dans leur petite ville de l’Ohio. La bête est là…

Que je commence par n’importe quel point de ce film ne change rien, que du « bon » pour moi. Attaquons avec le casting et surtout celui des ados. Ils crèvent l’écran, que ce soit les premiers ou seconds rôles. A noter que pour Joel Courtney (Joe), c’est son premier rôle et qu’il est d’une justesse surprenante au vue de son inexpérience. On contraire, on ne présente plus Elle Fanning (petite sœur de… apparue dans « Déjà vu », « Babel », « L’étrange histoire de Benjamin Button » entre autres). Ces jeunes acteurs ont beau être d’une génération où tout est simplifié par la technologie, ils n’ont eu aucun mal à interpréter ces teenagers débrouillards. A l’image de leurs illustres aînés des « Goonies », rompus à l’art d’inventer ce qui leur manque pour faire face aux situations. La bible des personnages respectent d’ailleurs les codes de la bande de copains, avec chacun son trait particulier : le leader, l’unique fille qui fait tourner les têtes, le héros qui se découvre un courage insoupçonné, le spécialiste de la pyrotechnique, le trouillard binoclard…Comme des potes que l’on retrouve après une longue absence. La petite touche en plus pour la crédibilité : ils jurent, s’insultent et tout est conservé en V.F. 😉

Une bande de copains..des airs de Goonies…

Au niveau du scénario, tout est respecté comme à l’époque. Certains diront qu’il s’agit de choses vues et revues. Au final, moi c’était ce que je voulais. La tendance est à la nostalgie et je dois avouer que ça m’arrange bien. Je voulais retrouver mon enfance, je voulais retrouver pour deux heures mon insouciance et me laisser embarquer pour rire, trembler, pleurer et frissonner d’émotions avec ces gosses. Alors oui, c’est manichéen à souhait : les méchants de l’armée qui cachent des choses, les gentils ados intelligents qui comprennent tout, tous seuls, les adultes de cette ville qui ne comprennent rien à rien. Ajouter à cela, deux adultes que tout oppose, en conflit, qui s’unissent pour sauver leurs enfants. Mention spéciale à Kyle Chandler (« Demain à la une »).

Enfin, il reste les deux thèmes majeurs à mon sens, incontournable pour que J.J. Abrams s’approprie vraiment ce genre : les rapports familiaux et le traitement de la rencontre avec l’extra-terrestre. Il met dans le mille une fois de plus : fin des années 70, des enfants sans mère, après des événements dramatiques, des pères perdus, pas encore « formé » à l’art de la com’ avec leur progéniture. Les clashs sont inévitables. Donc des enfants qui se retrouvent et se réfugient dans autre chose, et comme souvent, leur imaginaire et leur créativité.
Cerise sur le gâteau, l’Alien brimé par les humains, débarqué là par hasard à la fin des années 50, les mensonges gouvernementaux, et cette poignée d’Hommes qui perce le secret de son humanité : et une morale de plus sur la tolérance, me direz-vous ? On peut soupirer, se dire que c’est facile et plein de bons sentiments. Et bien franchement si c’était si évident et si les mentalités avaient réellement pris ça en compte depuis 30 ans, serait-on encore obligé de le traiter dans des films ?
En résumé, « à l’ancienne », avec juste ce qu’il faut de technique actuelle, pour que cet hommage assumé à Spielberg réalise ce que Steven aurait peut-être souhaité comme rendu visuel de ces histoires fortes et intemporelles de son début de carrière.

Super 8, réalisé par Jeffrey J. Abrams, avec Joel Courtney, Elle Fanning, Kyle Chandler…(2011)  sortie DVD/Blu-ray: 3 décembre 2011

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=r8rE851XhNg&w=560&h=315]

Rendez-vous sur Hellocoton !