Exposition Tim BurtonTim Burton et moi c’est une très longue histoire d’amour. Toute petite, j’ai découvert Beetlejuice, influencée par une maman fan du monsieur. Rapidement il est devenu mon réalisateur préféré, avec une influence importante sur mes gouts cinématographiques et artistiques par la suite. Au collège, quand mes copines ne juraient que par Brad Pitt (je ne dis pas DiCaprio parce que je l’aimais déjà beaucoup), je leur vantais Johnny Depp, mais si le mec un peu bizarre qui joue dans Edward aux mains d’argents, ce qui me valait de grands moments de solitude.

En 1999, Tim Burton commence à devenir plus grand public avec Sleepy Hollow, à l’époque pour mon plus grand plaisir. Et puis il tombe un peu dans l’oubli. Oubli parfois choisi, face à la Planète des Singes par exemple. Quelques années plus tard, qui m’ont paru une éternité, Tim Burton revient avec Big Fish, tournant de sa carrière cinématographique. Si Tim Burton était apprécié par le milieu cinéphile, il commence à cette époque à toucher le grand public. Aujourd’hui, Tim Burton est un cinéaste reconnu par tous comme étant à part et ayant une influence et un rayonnement essentiel. Si bien qu’en 2009, le MOMA de New-York lui consacre une exposition de 56 mois. Cette exposition, la cinémathèque de Paris a la chance de l’accueillir à son tour du 7 mars au 5 aout 2012. En bonne fan, il m’était impossible de rater ça.

Un jeudi matin, je me retrouve donc face à la cinémathèque. L’ouverture approche et deux jolies files sont déjà formées. J’ai déjà mon billet, je prends celle des coupe-files. Même si je trouve qu’il y a du monde je me dis que ça devrait aller. J’aurai pas du. Je pense aussi que j’avais des attentes importantes et une certaine connaissance du personnage. J’aurai pas du non plus. Parce que j’ai été déçue. Un peu, hein, n’exagérons rien. Mais déçue quand même. Alors c’est vrai que le monde présent et cette visite guidée entrée juste avant nous qui faisait des gros tas empêchant d’admirer les œuvres a du jouer dans mon impression. Comme ce bébé qui a passé toute la visite à hurler parce qu’il devait avoir faim et que sa mère s’en foutait (par pitié parents, c’est une torture pour vous eux et nous, si votre bébé pleure, pas un sale gosse, un vrai bébé, faites le passer avant votre plaisir).

Venons-en donc au cœur de mon problème. L’exposition s’est révélée trop courte à mon avis. Il y a énormément d’œuvres. Beaucoup de crayonnés, de travaux préparatoires, de dessins, de tableaux de Tim Burton. Mais l’exposition ne s’étend que sur 3 salles. Résultat on en fait vite le tour. De plus, la façon dont les œuvres sont disposées ne les mets absolument pas en valeur. Le choix a été fait de les regrouper par thème. Soit. Plus abouti qu’un classement chronologique, mais ne permettant pas de voir l’évolution dans les obsessions du réalisateur (et il y en a une à voir). Le souci c’est qu’en faisant ce choix, il a aussi été décidé de regrouper les œuvres en « nuages », les une à coté et au dessus des autres. Quand on mesure un mètre presque cinquante, ça fait qu’on a du mal à admirer les pièces du dessus. En plus, comme on retrouve une dizaine d’œuvres ensemble, les gens stagnent, et on doit attendre longtemps avant d’avoir une place correcte pour tout voir. Sans compter sur le fait que les pièces mises ensembles se neutralisent quelque peu. Elles ont moins d’impact.

Le deuxième reproche que je pourrai faire à l’exposition c’est de présenter de façon assez brute l’œuvre de Tim Burton. Peu d’explication sur sa vie, ses choix, ses difficultés. Peu d’analyse de son travail. J’aurai aimé par exemple qu’on me parle de la rupture créée avec Big fish, de l’importance de ses muses (Lisa Marie et Helena Bonham Carter), de l’influence de la paternité sur son travail (et de la perte de son père), sur sa relation d’amour-haine avec Disney (qui est tout de même évoquée). Mais peut être ne suis-je pas objective, parce que je connais et apprécie énormément l’homme comme le travail et parce que j’ai beaucoup lu sur lui (notamment le sublime Tim Burton – Entretiens avec Marc Salisbury).

Néanmoins, ne vous arrêtez pas à ces aspects négatifs de vilaine pinailleuse que je suis. C’est une très belle exposition tout de même. Les pièces sont exceptionnelles. C’est passionnant de découvrir les premières œuvres de Burton, de voir l’évolution de son trait et de ses obsessions. C’est jouissif de se trouver face à des costumes et éléments de films qui ont marqué votre vie (la tête du serpent de sable de Beetlejuice, le costume d’Edward aux mains d’argent).  Et puis on se dit que quand même au bout du crayon ou du pinceau qui a fait ces superbes dessins, c’est quand même LE réalisateur. Sans compter sur le passage dans la boutique (ouh ! la vilaine consumériste !) qui permet de faire le plein de goodies sympatoches pour chez soi (et éventuellement de rattraper son retard de dvd du maître à prix relativement modique).

Par contre je vous invite vraiment à privilégier un horaire en semaine ou le matin parce que déjà un jeudi j’ai trouvé l’exposition blindée alors je n’imagine même pas un samedi après-midi.

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 Mélanie

Exposition Tim Burton à la Cinémathèque de Paris

du 7 mars au 12 août 2012

Lundi, mercredi, jeudi vendredi: 12h /19h

Week-end et jours fériés: 10h/19h, nocturne le jeudi: 22h

Fermé le mardi et le 1er mai