Un nouveau film de Burton, c’est comme un cadeau d’anniversaire. On l’attend avec impatience mais toujours avec un peu de crainte. Peur que celui qui nous offre nous déçoive par son cadeau. Et plus on aime la personne, plus le risque d’être déçu est grand.

Mais s’il n’est pas possible de renier sa subjectivité affective avec l’ami qui nous a déçu (mais à qui on peut pardonner), on peut oublier le lien affectif qui nous lie au réalisateur qui a commis un film médiocre. Et quand on oublie ce lien, le film médiocre et décevant peut devenir un film sympa, voire très sympa. Dark Shadows c’est ça : un Burton moyen mais un film très correct et divertissant. C’est pourquoi, je vais complètement occulter le réalisateur de ma critique pour ne garder que l’essentiel : le film.

Dark Shadows, nous raconte l’histoire de Barnabas Collins, héritier d’une industrie de pêche florissante. Mais Barnabas est séducteur et a le malheur de jouer avec les sentiments d’Angélique. Celle-ci, véritable sorcière, tue ses parents. Lorsque Barnabas tombe amoureux de Josette, Angélique ne peut le supporter et pousse la jeune demoiselle au suicide. Barnabas, horrifié, suis sa douce vers la mort. Mais comme Angélique ne l’entend pas de cette oreille, il se retrouve transformé en Vampire avant de se retrouver enfermé et enterré dans un cercueil.

Près de deux cents ans plus tard et alors qu’Angélique est devenue le cœur central de Collinsport et est aimée de tous, le cercueil de Barnabas est retrouvé. Dès lors, il n’aura qu’un seul but, retrouver son manoir, ses héritiers et leur redonner la place qui leur est due, d’autant plus si cela lui permet de se venger d’Angélique.

Pourquoi c’est cool comme film :

Dark Shadows, c’est une jolie immersion dans les années 1970. Les costumes, la légèreté, la musique, tout y est rendu. On y croise même des hippies planants. Le travail sur les décors est impressionnant. Le Manoir Collins est particulièrement impressionnant (notamment ce lustre pieuvre merveilleux dont je rêve pour mon salon).

La galerie de personnages est très sympathique aussi, même si elle aurait gagné à être plus développée. A l’origine, Dark Shadows était une série, d’où des personnages avec un certain passif qui les aide à se construire. D’ailleurs, on sent que le film est bourré de références à la série originelle. Certains personnages sont particulièrement attachants (David, Elizabeth) d’autres complètement têtes à claque (Roger, Carolyn), sans compter sur les loufoques (Le majordome Willie et le Docteur Hoffman). Victoria, quant à elle, fait un peu potiche. Mais elle le fait très bien et a tout de même une certaine profondeur (bien que so cliché).

Mais mon gros coup de cœur du film, c’est Eva Green. Jusqu’alors, j’avais un apriori neutre à négatif sur la demoiselle. Et elle s’est révélée merveilleuse dans le rôle de la maléfique Angélique Bouchard. Belle, drôle, juste j’ai été clouée. Elle n’a aucun accent français, sauf quand elle parle d’amour (le cliché de la France pays de l’amour). Elle est une femme blessée qui fait tout pour s’en remettre et se venger aussi au passage. C’est une femme forte aimée de tous jusqu’au retour de Barnabas. Pour vous dire, elle est censée être la méchante, mais tout le film j’ai voulu la voir gagner.

Pourquoi c’est moyen aussi:

Tout comme j’ai aimé Angélique, j’ai haïs Barnabas. Il est idiot, sans profondeur et ne comprend rien à rien. Son choix de s’éprendre de Josette, cruche fadasse aux cheveux blods résume parfaitement son personnage. Comment apprécier un film si le héros n’est pas attachant. Peut-être est-ce aussi lié au fait que je commence à me lasser de Johnny Depp qui semble se reposer sur ses lauriers et ne plus vivre ses personnages. Reste que malgré un langage qui aurait pu me faire tomber folle de lui (J’aime tellement le vieil anglais et ses tournures), je n’ai pas accroché à son personnage, que j’ai même trouvé un peu agaçant. La dernière scène entre lui et Angélica est particulièrement frappante à ce sujet.

L’histoire en elle-même est tout de même assez légère, on se laisse prendre, mais ici encore pas de grandes profondeurs, de grands rebondissements. On glisse doucement, sans jamais entrer complètement dans l’univers. Mais ça reste très agréable.

J’ai moins apprécié les cheap jokes et l’hyper-sexualisation du film. Tout ça n’était pas nécessaire et contribue à faire du film un film avec le cul entre deux chaises : ni divertissement familial, ni film « d’adulte ».

Dark Shadow se révèle donc être un bon divertissement qui aurait pu être un merveilleux film. Mais ne pleurons pas sur ce qu’on n’aura jamais et réjouissons-nous d’une si jolie Eva !

Sinon, tu peux aussi y aller pour Michel Pfeiffer, parce que ça fait quand même très plaisir de la revoir!

 

Dark Shadows, de Tim Burton, avec Eva Green, Johnny Depp, Michelle Pfeiffer…Sortie le 9 mai 2012

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