Dans cet article je vais un peu raconter ma vie, si tu t’en moques complètement, tu peux filer directement à la critique du livre.

L’objet du délit

Je vous avais parlé il y a quelques temps d’une de mes BD fétiches, 41 euros pour une poignée de psychotropes. Davy Mourier a décidé de remettre le couvert avec une suite.

Apprenant que le Monsieur serait en dédicaces le 4 février avec le bouquin en avant première (il sort aujourd’hui, jeudi 9 février), j’ai bloqué mon samedi sans même réfléchir.

J’arrive dans la merveilleuse boutique Arkham Comics (spécialisée en comics, mais pas que), il y a déjà un peu de monde. Et au milieu de ces gens, des visages familiers. Celui de Davy Mourier d’abord, mais aussi celui de Monsieur Poulpe et de François Descraques. Derrière, on peut voir aussi du matériel de tournage. Là-dessus, on nous demande si on accepterait de faire de la figuration. Comme ce n’est pas mon genre de refuser quand c’est demandé gentiment, j’accepte. Un peu crispée, la scène commence. Puis, recommence plusieurs fois. C’est drôle, un peu stressant (surtout quand on est maladroite comme moi et que mon sac décide d’accrocher François Descraques qui filme à ce moment-là), bref, je passe un bon moment.

J’ai quand même le temps de discuter un peu avec Davy Mourier (à qui j’ai évidemment oublié de poser les questions que je voulais lui poser) et je repars avec une très jolie dédicace et des souvenirs bien sympas. Le résultat du sketch surprise devrait être visible dans le prochain Golden Show.

Mon avis sur le livre : 

J’avais vraiment adoré 41 euros pour une poignée de psychotropes, ma bd-doudou que je trimballais un peu partout, picorant quelques pages assez régulièrement et le prêtant à tout va, pour répandre la bonne parole. La barre était donc haute.

Cette fois-ci, ya même de la meuf et des fleurs!

50 francs pour tout reprend le format adopté par son grand frère. Cette fois-ci le cahier est bleu. L’autocollant « vu dans Envoyé Spécial » et remplacé par un « vu dans Le Grand Journal »

Au dos, on trouve un papier déchiré avec la définition de l’adolescence barrée de violents coups de stylo rouge. On devine donc que Davy Mourier va aborder cette partie de sa vie dont il avait refusé de parler dans 41 euros pour une poignée de psychotropes.

Le livre reprend là où le précédent s’était arrêté : Davy a envoyé un message à Elle. Qui lui a répondu. C’est donc par une série de strip « 41 € » chez le psy que le livre commence. Un peu moins drôles que ceux du livre précédent, ils sont aussi plus sombres et plus profonds. Et toujours autant teintés de vérités. Et puis, arrivent les passages sur l’adolescence, la découverte du sexe et de l’amour, le premier baiser, l’idiotie par laquelle on est tous passés. On retrouve également certains thèmes du précédent livre : Elle, le temps qui passe, la solitude. Et en bonus vous pourrez même revoir un billet de 50 F (les vieux, pas les Saint-Ex’, que même je ne me souvenais plus que ça existait)

Les montages qui faisaient la particularité de 41 euros pour une poignée de psychotropes sont également de retour avec cette fois-ci des pages du (vrai ?) journal intime de Davy pour illustrer encore plus ses anecdotes.

On passe du passé au presque présent avec notamment la fin de l’histoire de « Elle ».  L’occasion pour Davy Mourier de jouer avec les styles et les références. On passe du combat manga au joli conte sombre, en passant par le journal intime sur post-it. Une plongée complète dans l’intimité de l’auteur.

Au niveau du dessin, Davy Mourier a beaucoup progressé. Ses dessins sont moins statiques, plus travaillés et détaillés, avec plus de profondeur et de relief. Les dernières pages sont particulièrement belles et encore plus les toutes dernières sur fond noir. Belles et tristes. J’ai passé du temps à observer et me perdre sur certaines planches. Je me suis même demandé si je n’allais pas en encadrer certaines.

Genre celle-là dont j’ai un peu rogné le texte

Ce livre est une totale réussite pour moi. Plus sombre et personnel que 41 euros pour poignée de psychotropes, il raisonne peut-être un peu moins en moi. Peut-être parce que mon adolescence s’est passée plutôt calmement. Ce ne sera pas un livre-doudou comme son prédécesseur mais un superbe livre que je prêterai et offrirai avec plaisir et qui aura dans ma bibliothèque une place de choix.

50 francs pour tout – Davy Mourier Coédition Adalie/Ankama, environ 13€ à partir du 9 février

 

Cadeau Bonux : Ma dédicace rien qu’à moi!

Blue box for a Blue book!
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