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Moonrise Kingdom : Wes Anderson conteur et poète des temps modernes.

Roseline septembre 22, 2012 1

Voilà. Ce réalisateur fait partie des noms que je connais, sans jamais n’avoir rien vu de lui. Faisant partie de la case « cinéma indépendant américain » (je n’aime pas les cases mais je ne vois pas comment vous le présenter autrement), il s’est fait connaître en France avec La famille Tanenbaum (2001) et A bord du Darjeeling limited (2007). Au scénario, Roman Coppola, fils et frère de, apporte sa touche. Film d’ouverture du 65 ème Festival de Cannes, sa bande-annonce m’a tout de suite embarquée.

L’équipe du film sur la Croisette

Septembre 1965, l’île de New Penzance. A trois jours d’une tempête remarquable, la fugue d’un scout inadapté socialement et d’une jeune ado perturbée de l’île secoue la routine habituelle…

J’ai beaucoup aimé l’univers développé par Wes Anderson : de l’image aux couleurs délavées tirant vers le marron (vous savez, comme les polaroïds), à cette île si atypique tel le canevas de phare (première image du film), cadre posé sur le mur de ce même phare. La séquence d’ouverture avec cette vie de famille, un jour de pluie, la caméra visitant cette maison, façon maison de poupée est une merveilleuse porte ouverte sur le reste de l’histoire. Voilà, l’enrobage me plaît : de l’inventivité à la Hook (1991) dans les installations des camps scouts, aux limites de la parabole, façon Big Fish (2003), une pointe de Mary Poppins (1964) dans le visuel de la scène sur le toit de l’église, nous ne sommes absolument pas dans la réalité, tout en évoluant dans un monde que l’on connaît si bien.

Style vieillot et limite cheap, un effet volontaire et maîtrisé.

Les autres atouts de ce film, le ton, les dialogues, les regards, les silences et les ellipses : on est à la limite du documentaire détourné, avec un ton très à-plat et du premier degré qui est en fait du quatrième degré extrêmement bien déguisé. Et derrière tout ça, un conte initiatique, avec pour griot un vieux pêcheur de l’île, entre le monsieur météo local et le sage omniscient. Ce denier est passablement amusé par la réaction des hommes ordinaires, décontenancés par ces deux ados mal dans leur peau et pourtant si plein d’espérance.

Un excellent casting très bien dirigé!

La définition des personnages est un bonheur. Au-delà de la réalité, ils sont poussés vers le cliché, mais sans que ce soit lourdingue. Wes Anderson les fait basculer dans la dérision, la poésie, le hors-norme qui réjouit et qui touche : un orphelin sans place nulle part (Jared Gilman), une jeune ado avec un secret familial difficile à assumer (Kara Hayward), un chef de camp vite dépassé accroché aux directives (Edward Norton), un policier un peu loser mais au final touchant à souhait (Bruce Willis impérial), un père de famille aussi fantasque que carré (oui, c’est possible, Bill Murray vieillissant). Là où l’on voit qu’on a basculé dans la fable, c’est qu’on arrive même à la personnification de certaines instances : « les affaires sociales » devient le nom de sa représentante ! Un ton décalé, de la poésie à foison, des acteurs extrêmement bien dirigés par un Wes Anderson que je découvre enfin. Je devrais peut-être me pencher sur ses autres films ^^.

Quant à la BO, soignée, elle emprunte aux registres du classique enfantin: des extraits du Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns, de Franck Purcell en ouverture et notre Françoise Hardy pour la touche sixties nostalgique et romantique. Ceci accompagne parfaitement ces deux ados amoureux pour la première fois, emprunts de jolies certitudes propres à la jeunesse en quête d’absolu et de reconnaissance.

Roméo et Juliette, sans GPS ;)

Un très très joli conte initiatique donc, un ton à part, la famille, l’enfance, l’amour et l’espérance au cœur d’une île où le temps se fige, le temps d’une tempête qui ne laissera personne indemne, mais où chacun grandira…

Cric, crac, l’histoire est terminée (formule magique de maîtresse conteuse ;))…

 

Moonrise Kingdom, de Wes Anderson, avec Bruce willis, Edward Norton, Bill Murray, Jared Gilman, Kara Hayward…Sortie DVD/Blu-Ray le 22 septembre 2012





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One Comment »

  1. Panama septembre 27, 2012 at 4:11 - Reply

    La clé de la réussite artistique de ce film, outre des acteurs dirigés au cordeau, souvent dans des « contre-emplois » particulièrement judicieux, réside dans un scénario malin, qui détourne nombre de clichés sans chercher à faire de l’épate, par petites touches impressionnistes. Non, le jeune garçon à lunettes, s’intéressant à des choses peu communes aux garçons de son âge, n’est pas le surdoué que l’on attendait. Il témoigne souvent de son désarroi, de son impuissance et d’une grande inadaptation au monde adulte auquel il aspire. La jeune ado qui se maquille en noir et aime à jouer les blasées ne rêve pas vampires et autres choses de la nuit. Mais plus volontiers de princes et de princesses, ou de chansons pour midinettes. Et le jeune homme arrogant, sûr de lui, n’est peut-être pas si à l’aise dans le costume de salaud dominateur qu’il endosse.

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